LA CONSTITUTION

…quelques notes dans un  esprit d’escalier, (ou  …de  métro)

 
  A Paris dans des hôtels particuliers, des salles de paroisse ou de cinéma, et même dans des cafés tumultueux ou les gens viennent et vont, on prend le micro et on discute avec alacrité du Projet de Constitution Européenne.

La France vit un moment d’activité intense ou l’esprit des francais est désormais hautement éveille, contraste vraiment éclatant  avec des pays ou la décision pour le « Oui » ou le « Non »  a été prise dans une atmosphère de somnolence générale.

…..

J’assistait donc de nouveau a une rencontre ou deux orateurs ont voulu partir de l’idée qu’en Europe il y a une forte identité d’esprit, pas seulement nourrie par une ancienne culture commune mais aussi  une identité de vues pratiques, au jour le jour, unité et identité qui pouvaient être en même temps cause du texte propose et entre a leur tour  renforcées par la Constitution.

Les orateurs voyaient cette identité sur deux terrains : celui de la politique internationale et dans le modèle de société interne

Pour le champ premier on invoquait une opposition presque générale en Europe contre la guerre en Iraq. Selon les orateurs seuls les nouveaux candidats (par leur situation, oh, combien compréhensible) s’essaient ranges avec les États Unis

Pour ce qui concerne le deuxième sujet, le modèle interne de société européenne on s’estimait unis en Europe dans une aversion  commune des idées trop commerciales et mercantilistes d’Outre Atlantique.

 

Je n’ai pas pu rester dans la salle jusqu'à la fin pour prendre part, ayant une autre obligation. Assis dans le métro je rêvais  pourtant d’un commentaire comme le suivant :

 

Ne pensez pas que ce furent seulement les neo-europeens, les Polonais, les citoyens des pays Baltes. qui ont laisse la France et l Allemagne dans un certain isolement. Il y avait aussi les Pays Bas, et  le Royaume Uni et l’Espagne et l’Italie. Ce n’ est pas une partie négligeable de l’Europe.

Le fait même que vous oubliez les Pays Bas montre a quel degré vous étés pris par vos soucis franco-français au point d’ignorer les réalises européennes.

Attention : une telle divergence entre deux camps dans laquelle nos deux pays, la France et les Pays Bas pourraient se trouver dans des camps opposes pourrait bien se produire de nouveau a une future date. Ce n’est pas dire que la même situation des Britanniques des Hollandais et des Espagnols ou les Italiens devrait se répéter nécessairement. Mais si nous en voyons des raisons nous le ferons

Alors qui de nous deux doit gagner le débat ? N’est-ce pas un peu trop tôt d’imposer a notre continent une unité d’action et même unité de gestion des affaires étrangers ?  Allez-vous mettre les Hollandais et quelques autres  en minorité et nous forcer de vous suivre ?

J’aime bien la France mais je me refuserait de subir une tutelle franco-allemande ou autre.

Nous avons eu nos difficultes avec Louis XIV et Napoléon. Nous ne prendrons pas les armes, mais tout autre moyen pour éviter d’être contraint dans un corset de politique étrangère commune nous sera bienvenu.. Ceci pour l identité européenne en politique étrangère que vous invoquez.

 

Pour ce qui concerne le modèle de société européenne: je suis attentif a l’héritage commun de l’Europe, et j’en tire même la conséquence qu’avec la Turquie l’accession ne devrait pas être retenue comme possibilité mais une autre relation devrait être cherchée. Seulement je vois cet héritage spirituel commun dans des couches bien profondes, celles qui nourrissent nos destins a long terme, et qui ne sont pas toujours exploitables pour les décisions de chaque jour. Je ne vois pas cette unité d’identité dans des couches de décision pratique et dans les affaires courantes.

Ni dans la  politique extérieur ni dans le modèle de société,

J’admire Michel Albert pour ses idées, et particulièrement son livre « Capitalisme contre Capitalisme ». Mais le « modèle rhenanien » est un peu a bout de souffle, au moins l’Allemagne a besoin de rénovation et peut-être  d’ ínjection de quelques éléments anglo-saxons comme la transparence et la flexibilité dans la gestion.

 

C’est pour cela que je suis contre une Constitution qui voudrait forcer les choses et contraindre a des résultats qui ne sont pas encore pour aujourd’hui.

Une Europe fédérale, une Europe « de puissance » ne se laisse pas construire facticement elle doit venir naturellement. La puissance ne peut pas venir au commencement mais viendra plutôt vers la fin si nous serons capables de maintenir une cohésion sociale et économique. Alors avec la paix interne  la puissance externe viendra comme surcroît.

 

Est-ce que mes commentaires vous semblent un peu durs ?. Alors je voudrais finir comme j’ai commence : par un compliment sincère au peuple franc ais qui dans cette occasion, bien plus que tous les autres peuples d’Europe a voulu réfléchir et échanger en public ses espoirs et ses  angoisses.

Vous-autres francais et nous, hollandais, nous aurons a faire une décision dans la même semaine dans une intervalle de seulement trois jours.

 

Prenons cette occasion pour faire alliance si nos décisions seront la même, « oui » ou « non ».

Si “oui” nous devons nous efforcer pour limiter les cotes dangereux de la Constitution, la centralisation forcée des décisions.

Si la décision sera “non” nous aurons une responsabilité commune a guider l’Europe vers de nouvelles reflections.

Courage a nous deux !

Anton Smitsendonk

Ancien ambassadeur des Pays Bas

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