Un Partenariat privilégié pour la Turquie.
La Fondation Robert Schuman revient sur cette
possibilité
Notes apéritives sur " Le Partenariat
Privilégié - alternative à
l'adhésion"
(un document de la Fondation Robert Schuman.)
La lecture du document de la Fondation Robert Schuman
publié au mois de décembre 2006 a pour la question
de nos relations avec la Turquie une importance capitale.
Il nous réserve aussi quelques surprises.
PREMIERE SURPRISE.
La critique sévère que les auteurs expriment
à l'égard des décideurs politiques de ces
derniers trente ans.
Malgré un langage toujours poli, les auteurs lancent une
critique dans le fond féroce aux dirigeants de l'Europe
pour des décennies d'irresponsabilité et de
nonchalance.
Parmi les accusés sont la Commission Prodi et ses
prédécesseurs (voir p 49-52) l'Assemblée
Nationale Française (p 32) et par implication les
dirigeants et chefs d'état de toutes les nations
européennes.
Page 8
"
Ayons le courage de dire que certaines promesses ont
été faites au niveau diplomatique mais sans grande
considération pour les attentes et les peurs des citoyens
européens.
Les auteurs n'hésitent pas de
dénier toute validité aux "promesses" faites aux
pays candidats et dans le cas occurrent à la Turquie. Dans
le document ces " promesses " sont toujours assorties - comme
nous faisons dans le paragraphe présent -de guillemets
pour éviter qu'on ne l'oublie.
Page 9
Les
candidats déjà reconnus comme tels ou potentiels
doivent comprendre qu'il ne leur servira à rien d'invoquer
des "promesses" si les populations concernées ne se
sentent pas engagées par la parole de leurs
dirigeants.
Le groupe de travail de la Fondation Robert Schuman note aussi
que les peuples ont bien pu utiliser un " NON " à la
constitution pour leur rejet de l'adhésion de la Turquie
trop facilement promise (note ) Les expressions continuent
à pleuvoir : (Page 12)
la
myopie des responsables; ...l'absence de "plan B"
(Page 13)
..forcer la main des populations européennes
(Page 28)
"Ces dernières années, l'Union a donné la
préférence à la stabilisation de sa
périphérie sur sa propre survie...."
Si les accusations pour légèreté et
nonchalance sont déjà très claires les
auteurns énoncent aussi une critique pour une faute
contraire : la présence d'arrière-pensées
bien définies et même une perfidie existant
auprès d'autres gouvernements membres de l'Union
Européenne Page 28
"Pour d'autres gouvernants, les arrière-pensées
dominaient : parce qu'ils ne voulaient pas d'intégration
communautaire à caractère politique, ils ont
précipité les élargissements, porteurs
d'hétérogénéité, voire de
dilution. En tenant un discours culpabilisateur envers les
Occidentaux, "gagnants" de l'Histoire, ils ont interdit toute
réflexion sereine sur les tenants et les aboutissants de
l'élargissement."
Pag 41
"La
finalité de l'entreprise européenne ou
l'étendue de la supranationalité. Comme les Etats
membres d'alors n'étaient pas au clair sur ce qu'ils
voulaient, ils ont escamoté le débat public. Trop
souvent ils ont donné le sentiment qu'ils
avançaient à l'aveuglette"
Et encore :
"Or, l'adhésion éventuelle de la Turquie a
été engagée sans réflexion
approfondie sur ses conséquences positives et
négatives(38), sans vraiment chercher à impliquer
les populations(39), sans se préoccuper du débat
public. La Commission n'a pas cherché à
élaborer plusieurs scénarios. Elle a plutôt
noyé le poisson. Le journal Le Monde rapporte que "le
commissaire Verheugen ne voulait pas d'étude
chiffrée"
Page 42
"Parfois l'argumentation est confuse : ainsi, la Commission
insiste sur l'apport de population que la Turquie
représente pour une Union démographiquement
vieillissante. Elle n'explique pas comment cet apport pourra
être bénéfique si la libre circulation des
personnes est durablement refusée aux ressortissants turcs
(comme le Conseil l'indique à ce jour). Une approche
véritablement "stratégique" ne peut consister
à additionner des populations supplémentaires pour
"faire du nombre".
Page 48
"Le
rapport, rédigé sous la responsabilité de
Dominique Strauss-Kahn, franchissait déjà le pas en
proposant d'englober l'ensemble du monde
méditerranéen dans l'Union.(44)"
page 49
"..Les critères de Copenhague faisaient
référence à la "capacité de l'Union
à assimiler de nouveaux. Mais, pendant des années,
cette précaution de bon sens n'a guère retenu
l'attention des responsables. Le Conseil européen des 15
et 16 juin 2006 a donné lieu à une discussion
confuse. Le "critère" est mentionné dans les
conclusions mais oralement, la Présidence a rappelé
que ce n'en était pas un !"
Page 49
"...encore la poursuite de politiques ambitieuses, devait
intervenir avant l'élargissement ou, du moins, en
parallèle. Or, les gouvernements ont failli dans la
réforme"
Page 50:
"Ne
faudrait-il pas creuser ces questions au lieu de poser un simple
diagnostic ?"
Page 56
"Cet "acte manqué" en dit long sur les non-dits et
ambiguïtés des responsables européens. Sans
doute ont-ils hésité à affirmer devant leurs
populations quel était le but du voyage. Ce silence n'aide
pas les candidats à accomplir le retour sur
eux-mêmes qui, pourtant, aurait été bien
utile".
La Fondation Robert Schuman nous livre en effet
un long réquisitoire, nécessaire pour balayer le
terrain. Les auteurs du document sont plus cléments
concernant les critères dites de Copenhague qui pourtant
ne sont rien d'autre qu'une invention du cabinet des ministres.
Ces critères sont une déclaration d'intention des
chefs de gouvernements énoncés à Copenhague
et à Helsinki mais jamais concordées par les
peuples de l'Europe. Dans le discours politique
général ces critêres jouissent d'un statut
presque sacrosaint et intouchable. On les maltraite d'ailleurs en
disant que la capacité d'absorption ou d'assimilation du
nouveau membre candidat serait seulement une "
considération " et pas une condition contraignante.
Récemment on a voulu reconnaître ce critère
trop longtemps occulté mais en le mettant d'abord sur le
lit de Procruste : les termes "absorption" et "assimilation" ne
sont plus mentionnés. Ils cedent leur place à un
terme plus faible "intégration". On aurait bien voulu voir
une analyse des auteurs de la Robert Schuman sur le mauvais usage
fait des Critères de Copenhague.
Les critères nous empêchent aussi d'aller plus en
amont vers les questions essentielles et existantielles.
Nous devrions toujours nous demander si -a part les "
critères " nous avons jamais trouvé un vrai
intérêt concret à inviter la Turquie comme
membre de l'Union Européenne.
On ne pose pas la question dans ces termes. Plutôt la
question de base "Pourquoi la Turquie ? " a été
astucieusement transformée dans une autre question " La
Turquie, pourquoi pas ? "
Une telle transformation renverse la charge de la preuve
(question a laquelle les auteurs du document son très
attentifs).
DEUXIEME SURPRISE.
La deuxième surprise est dans le fait que les auteurs
mettent justement la cohésion sociale au point central de
leurs préoccupations. Certainement cela n'a pas
commencé à une certaine date récente (par
exemple avec Padoa Schioppa comme le disent les auteurs page
..)
La cohésion sociale dans les pays européens et
dans l'Europe a certainement du inhérente à tout le
projet dès son commencement, " ab initio " et
nécessairement.
La priorité de la cohésion sociale interne est
aussi un argument fort contre ceux qui veulent une " Europe
puissance ", entendu souvent comme force opposée en
principe et généralement aux Etats Unis.
Quelques experts très friands de
géostratégie oublient la première
leçon de la géopolitique, c'est-à-dire que
la base de toute puissance géopolitique est l'unité
interne. Si la cohésion interne manque, toute puissance
sera perdue.
Si jamais la puissance géopolitique de l'union
Européenne dut être achetée par l'admission
de la Turquie ou d'autres pays extra-européens le prix
serait bien trop élevé.
La cohésion sociale nous impose aussi la
nécessité de mieux maitriser les flux migratoires.
Ces flux non maitrisés entachent la cohésion
sociale.
L'attention portée par les auteurs Robert Schuman à
la cohésion sociale interne pourra être utile aussi
contre ceux qui (comme Madame Alliot-Marie) pensent que le poids
démographique de l'Europe pourrait et devrait étre
augmenté par des apports de hors de l'Europe
Cela est une idée dangereuse d'origine suspecte (Bureau
de populations des Nations Unies ? plus tard aussi quelques
connivences de la part de la Banque Mondiale?) et qui pourrait
être utilisée pour l'admission de la Turquie.
Non, nous n'avons point besoin d'immigration ou d'addition de
peuples comme celui de la Turquie ou d'autres sources
extérieurs.
Evidemment nos politiques en matière de retraites,des
pensions, de la sécurité sociale devront être
revues avec énergie et prudence. Il ya toute une longue
liste d'alternatives que nous gouvernants pourraient prendre en
considération. La cohésion sociale reste donc
centrale à nos tâches. Cela mérite un
développement ultérieur. Le travail de la Fondation
Robert Schuman mérite d'etre poursuivi.
Pour toutes ces raisons il est étonnant de voir que la
cohésion sociale étudiée par les auteurs est
conçue de manière assez limitative. Seulement
l'inégalité des revenus est prise en
considération et à cet égard ils nous
fournissent certainement des éléments utiles dans
l'étude (par exemple une statistique méthode Theil.
Il serait pourtant utile si les auteurs pourraient dire un mot
sur la relation de cette méthode avec le " coefficient
GINI ", plus connu.)
On aurait aimé que les auteurs donnent aussi de
l'importance aux éléments non-
pécuniaires de la cohésion sociale. Au lieu d
élever l'égalité des revenues de telle
manière, même une certaine inégalité
accrue des revenus pourrait être supportable pour nos
populations si elle fut compensée par d'autres
éléments de cohésion sociale.
Dans la sphère culturelle, lutter contre le
communautarisme et contre les conceptions multiculturelles, la
discipline mentale dans les arts, mettre obstacle a la
dérivation des mœurs (l'étalage
exagéré de l'homosexualité) etcetera. Tout
cela pourrait entrer en considération. L'absence dans le
document d'un tel développement ultérieur de la
cohésion sociale est remarquable puisque les auteurs
mentionnent eux-mêmes à plusieures reprises la
nécessité de cultiver un " Wir-Gefuehl
".
Clairement les auteurs n'ont pas cherché suffisamment une
traduction française de cette expression.Et à cet
égard ils restent dans le diagnostic sans apporter des
éléments de solution.
TROISIEME SURPRISE
Surprise pour nous également que les pages qui devraient
apporter des éléments concrets pour un "partenariat
privilégié" ne soient pas actualisées et
soient très peu lisibles.
Cela est dommage parce que nous attendions exactement de ce
document une indication en quoi un " Partenariat
Privilégié"pourrait consister. Or il semble
- au moins au soussigné - que ces pages techniques (p.
70-73) sont difficiles à comprendre. Il m'est apparu comme
si ces pages furent prélevées d'un autre document,
d'un bureau technique d'euro-spécialistes, sans les
retravailler, et sans les expliquer aux lecteurs. Le groupe de
travail aurait-il été peu confortable avec ces
aspects techniques et aurait-il laissé ce terrain à
des techniciens ou à un vieux document ? C'est dommage
parce que beaucoup de personnes ont en termes très
générales entendu de la possibilité de
lancer un partenariat privilégié, mais ont vu
très peu d'informations concrètes à ce
sujet. Ceux quand même qui ont fait de premières
amorces pour ce travail comme Monsieur Wissmann ou Gérard
Hannezo (voir http://www.voices-of-europe.org) ne sont point
mentionnés. Cela qui mérite une correction.
QUATRIEME SURPRISE
Enfin quatrième surprise, la surprise de voir qu'aux yeux
des auteurs s'il est vrai qu'un partenariat
privilégié pourrait utilement prendre la place de
l'accession totale, même un partenariat
privilégié n'est pas jugé strictement
nécessaire. Tellement grande est aux yeux des auteurs de
la Fondation Robert Schuman la richesse des pistes
déjà disponibles pour une bonne entente et une
fructueuse coopération entre l'Union et la Turquie.
A page 84 les auteurs le disent ainsi
"Une meilleure utilisation de l'existant (OTAN, OSCE, Conseil
de l'Europe, accords de libre échange) paraît la
solution la plus sage " (page 85 note . )
Il y a - en effet- déjà tant d'initiatives
prometteuses entre l'Europe et la Turquie pour une
coopération intensifiée et fructueuse. En disant
cela les auteurs du " Partenariat Privilégié "
disent un mot de sagesse, mais est-ce que cette sagesse serait
politiquement faisable ?
Cette sagesse au moins n'existe pas encore de la partie Turque,
qui reste obstinée dans la course vers
l'adhésion.
Quitter la route des négociations entamées le 3
octobre 2005 pour poursuivre d'autres pistes déjà
existantes est guère une option suffisante pour
l'équipe turc actuellement au pouvoir. Il faudrait quelque
chose sinon de spectaculaire, au moins quelque chose qui mettrait
le gouvernement Turc en position de justifier le changement de
cap à son peuple. Si les auteurs de la Fondation Robert
Schuman mettent en doute même la nécessite d'offrir
un nouveau traité de partenariat le fondement de leur
document vient à manquer. Une alternative au partenariat
privilégié pourrait etre la proposition de Sarkozy
concernant un marché ample a former avec les pays de la
Mediterranée. Mais la aussi, la Turquie pourrait y voir un
subterfuge Européen pour échapper aux
négociations menant la Turquie a l'accession a l'Union
Europeenne. La "Mediterranée" donc remplacant le
"partenariat privilegie" comnme alternative a l'accession.
....ET ALORS?
Simplement continuer avec les négociations actuelles pour
l'accession complète et compter pour notre sauvetage -
garde-fou- seulement sur un " NON " du peuple français
quand à un moment futur indéterminé il sera
appelé à s'exprimer par referendum (peut être
aussi les autrichiens) serait une option trop aléatoire
qui ne suffit pas à l'Europe dans sa
totalité.
Qu'est-ce que nous savons sur les sentiments du peuple
français à un tel moment futur
indéterminé? Pour l'Europe entière compter
sur un " NON " français serait comme continuer le
système actuel d'irresponsabilité
décriée à juste titre par le groupe de
travail de la Fondation Robert Schuman.
Les autres peuples d'Europe membres de l'Union Européenne
ne peuvent pas lier leur sort à un tel
élément incertain.
Il faudra donc faire deux choses : considérer
sérieusement le " Partenariat Privilégié "
comme une option à proposer. Mais cela ne nous exempte pas
de la nécessité de trouver aussi une solution de
réserve. Sinon les peuples européens trouveront
d'autres solutions en s'indemnisant sur le compte des
Traités sur l'Union elle-même. Les chefs de
gouvernement en mai 2005 se sont comportés comme des
maîtres d'école de village en criant à leurs
petits élèves: " hors sujet !"
Ces prétendus maîtres voulaient que les peuples
s'expriment seulement sur le texte proposé et pas
sur le contexte. Or le contexte de la gestion des
gouvernements européens et de toutes les institutions de
l'Union Européenne (y compris le Parlement
Européen) a été lamentable et
méritait bien d'être rejeté en mai-juin 2005.
L:oin d'être une honte pour le peuple Francais et
Neerlandais c'est pour ces peuples une gloire. Les peuples s'ils
ne sont pas interpellés sur les promesses, les
critères de Copenhague etcetera, ont bien le droit de
s'exprimer sur texte ET contexte puisque la
chance de se prononcer sur les élargissements successifs,
sur les critères de Copenhague et sur d'autres initiatives
de leurs dirigeants leur a été
déniée. Nos peuples veulent être entendus sur
texte ET contexte. Et si les partis politiques, les
députes dans les pays et au Parlement Européen et
les chefs d'états ne changent pas de style et d attitudes,
un rejet de la part des peuples pourra se reproduire.
CONCLUSIONS
Le document de la Fondation Robert Schuman est un document fort
et utile Il balaye le terrain en condamnant la procédure
suivie jusqu'ici entre l'Europe et la Turquie et il
désavoue ceux qui y ont contribué.
Même s'ils ne sont pas mentionnés par leur nom, les
dirigeants européens, mêlés dans leurs
différentes fonctions : Chirac, Prodi, Kok, van den Broek,
Rocard, Strauss-Kahn, Bot (au moins dans la première
année de son mandat comme Ministre aux Affaires
Etrangeres) mais aussi les partis politiques n'échappent
pas a cette sévère condamnation.Par contre les
chrétiens démocrates allemands furent
déjà alertés quand tout le reste de l'Europe
dormait encore ( y compris la France et les Pays Bas. La Grande
Bretagne dort encore aujourd'hui).
Balayer le terrain fut nécessaire et le groupe de travail
de la Fondation Robert Schuman mérite nos éloges.
Mais le document contribue aussi en rétablissant les
bonnes priorités, les principes à suivre.Il sera
donc une bonne base pour une coopération entre nous,
européens si nous serons capable de dépassant nos
frontieres en prenant contact les uns avec les autres.
Pour cette coopération future que nous serions heureux de
joindre on pourrait penser à quelques retouches ou
compléments au bon travail de la Robert Schumann. Nous
pensons aux elements suivants :
- - Quelques " veilleurs de hier " méritent
être mentionnés pour autant qu'ils ne sont pas
déjà parmi les auteurs du document comme Klaus von
Guttenberg. On pourrait par exemple mentionner Messieurs
Wissmann, Hannezo,et d'autres, et faire au moins une
référence aux dirigeants de la Konrad Adenauer
Stiftung, de la Hanns Seidel Stiftung pour montrer que les
veilleurs,ceux qui ont lancé des avertissements n'ont pas
manqué même dans les décennies
passées. Les mentionner serait utile pour montrer aux
Turcs et a nous-mêmes que le terrain politique ne fut pas
seulement occupé par des dirigeants de gouvernement et de
parlementaires égarés mais qu'il y a bien eu des
avertissements pertinents.
- - l'idée de cohésion sociale interne de
l'Europe mérite d'être amplifiée avec des
éléments concernant la culture, les traditions de
pensée et de morale pour corriger l'attention trop grande
pour une égalité purement de revenus. Un
développement de ce thème peut aussi garantir
contres les exagérations des ambitions de
géopolitique et de puissance purement basées sur le
nombre de ressortissants.
- - les pages " techniques (70-73) pourraient être
repensées et rendues plus lisibles. Cela serait utile pour
montrer à nous-mêmes et aux turcs que des actions
concrètes dans le système actuel sont possibles. On
pourrait y ajouter les points mentionnes par Gérard
Hannezo dans son texte, ceux de Wissmann, et aussi les
possibilités que même les auteurs de la Fondation ne
soulignent pas assez dans le secteur des industriels et les
hommes d'affaires.
- - La recherche doit continuer sur une solution de
réserve pour dévier à temps le trajet
présent commencé le 3 octobre 2005. Cela est
nécessaire étant donné que le " NON "
attendu du peuple français (et peut-être des
autrichiens) forme une garantie insuffisante pour l'Europe dans
sa totalité.
- - Les entrepreneurs européens pourraient être
interpellés plus vigoureusement à la
coopération avec les entrepreneurs turcs pourvu qu'en
Turquie on leur trouve des partenaires qui puissent se
libérer de l'obsession pour l'accession à l'Union
Européenne. De telles mouvances existent mais elles ne se
sont pas encore bien manifestées et connues en Europe. La
AKP et Erdogan qui veulent utiliser l'accession européenne
pour éroder la fonction des militaires et islamiser leur
pays est encore trop forte. De notre coté
européenne il faudra aussi choisir avec soin et
éviter les mouvances qui (comme VNO-NCW aux
Pays-Bas) se sont lies à l'accession (La MEDEF
Française, des fédérations en Allemagne
comme BKU et au niveau européen la UNICE se
sont montrés bien plus prudents) Par une alliance large
entre entrepreneurs des deux cotés nous pourrions arriver
à des résultats, et en partie soustraire le dossier
à nos gouvernants trop impuissants. Probablement ils nous
seraient reconnaissant après chose faite.
EN SOMME... Le document de la Fondation
Robert Schuman est d'une lecture agréable (sauf les pages
techniques et pas assez développées dont nous avons
déjà parlé) (p 70-73).
Il injecte dans la discussion des notions profondes qui peuvent
élargir la discussion et la coopération (parfois
aussi une remarque philosophique comme sur la page 92 quand les
auteurs nous avertissent de ne pas seulement ....cultiver
notre petit jardin " kantien " dans un monde redevenu " hobbesien
").
Três bien dit!
Par ce coté philosophique le document de la Fondation
Robert Schuman peut servir aussi à une introspection dont
l'Europe a besoin.
Si nous voyons la "taqqyia", l'insincérité
d'Erdogan, il faut aussi reconnaître que notre Europe
elle-même a péché par faiblesse et "taqqyia"
en occultant trop longtemps aux Turcs les problèmes.
L'Europe ne devrait pas avoir peur de dire aux Turcs qu'en
Europe par des circonstances et par quelques siècles de
nonchalance, nous sommes trop fragilisés comme culture et
en cohésion sociale pour absorber un pays robuste et de
telle envergure que la Turquie.
Telle introspection, cette confession de faiblesse et de
modestie et d'honnêteté doit nous accompagner dans
notre attitude ferme envers le peuple turc qui - lui aussi - a
bien des raisons pour être fier de son
héritage.
Espérons que le document de Robert Schuman pourra ouvrir
une discussion plus ample qui puisse mettre fin à la "
taqquiye " qui durant 30 ans a empoisoné la relation entre
l'Europe et la Turquie.
On a du pain sur la planche. Les 'Notes de la Fondation Robert
Schuman' seront un très bon outil pour trancher la
question déjà trop longuement pendante!
Est-ce que les remarques ci-haut manquent en cordialité
pour nos amis Turcs ? Je ne le crois pas.Nous voulons vraiment
avec eux aller de l'avant. Mais dans une manière qui soit
productive et ne dérange pas nos structures de
décision, nos choix mondiaux et la paix dans nos
banlieues.
Est-ce que ces vues sont compatibles avec le souhait
exprimé pas Sa Sainteté le Pape - d'établir
un dialogue avec l'Islam ? Tout à fait, il me
senblerait.
Ceux qui regardent avec réalisme nos
sociétés en Europe savent que les limites du
multiculturalisme sont désormais bien claires. De simples
règles de prudence s'imposent, dans les sommets de l'Union
Européenne comme aussi dans nos banlieues.
"Dialogue" sera d'autant plus faisable s'il sera
conjugué avec "Distance". "Distance
respectueuse", mais distance qui commande aussi de limiter
l'immigration et de ne pas meler la Turquie dans le centre de
l'Union Europeenne -. Seul la conjugation des deux elements
"dialogue" et "distance" peut permettre une vraie entente et
alliance cordiale.
Anton Smitsendonk, Paris, juillet 2007
< Return to the Home
Page
|