SOLUTIONS BIEN PRÉFÉRABLES
Il y a quelques années les Nations Unies
(le Bureau des Populations) ont étonné le monde
avec des pronostics sur la démographie en Europe en
relation avec nos systèmes de retraites. Il semblait que
les Nations Unies soutenaient l'idée que l'Europe devait
faire venir du dehors de l'Europe des dizaines de millions de
nouveaux immigrés pour rajeunir sa population
vieillissante et, par une injection de travailleurs jeunes,
sauver le financement des systèmes européens de
retraites.
On pourrait dire que ce que les Nations Unies disaient
n'était qu'un hypothèse de la nature suivante : Si
vous voulez maintenir le rapport entre ceux qui travaillent et
ceux qui ne travaillent plus (et qui donc doivent recevoir une
retraite) à un niveau soutenable de 2-1, alors ….et
cetera.
Mais la presse et l'opinion publique ont bien accepté ce
pronostic comme une déclaration de stricte
nécessité et beaucoup de gens furent choqués
par l'idée de faire venir des dizaines de millions de
migrants.
Ce qui fut plus surprenant encore c'est qu'on ne vit aucun chef
d'état ou de gouvernement rassurer le public et dire :
Pensons plutôt ensemble aux SOLUTIONS BIEN
PRÉFÉRABLES qui permettront de rejeter l'appel
insensé à une immigration massive.
Réordonnons nos systèmes économiques et
sociaux de sorte que nous pourrons vivre dignement sur nos terres
avec une population stable ou même
décroissante.
Cela pourtant aurait été conforme à la
responsabilité des chefs d'états, responsables de
l'avenir de leurs pays et de notre continent et soucieux
d'envisager les mesures opportunes à prendre.
Rien de cela. Avaient-ils peur d'entrer dans le vif du sujet ?
Avaient-ils peur qu'un tel appel à la réflexion
commune ne fusse pas entendu par leurs peuples ? Etaient-ils
soumis à la pression d'employeurs désireux de
poursuivre leurs activités comme par le passé et de
continuer une politique de bas salaires pour préserver
leur profitabilité et la compétitivité vis
à vis d'autres continents ?
Rien ne fut fait de tout ce qui aurait été
nécessaire pour trouver des alternatives au défi
lancé par les Nations Unies (parfois soutenu par la Banque
Mondiale).
L'opinion générale en Europe semblait accepter
passivement le pronostic des Nations Unies comme un verdict
incontournable. D'aucun coté, on n'entendit une
protestation énergique contre l'hypothèse des
Nations Unies.
Eh bien, nous osons, dans l'absence des "grands", lancer un
appel à la réflexion pour trouver des solutions
bien préférables.
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Sur de nombreux aspects importants de la problématique les
think-tanks mondiaux n'ont pas manqué d'apporter quelque
lumière. Par exemple l'idée se fait jour que
l'entrée de nombreux immigrants ne réduit
aucunement, de manière durable, le
déséquilibre entre ceux qui travaillent et ceux qui
ne travaillent pas.
Soyons rassurés. Nous ne sommes pas seuls devant cette
problématique.
Si une croissance démographique des Etats Unis
d'Amérique semble encore assurée, ce pays subit
quand même les effets d'une immigration massive
illégale. A cet égard, sur de tels aspects - connus
aussi en Europe - il sera important de rester en contact avec nos
amis outre-Atlantique.
Si nous craignons la naissance d'une
« Eurabie », les Américains redoutent
celle d'une « Mexifornie ».
Les très bonnes manières d'antan pour inculturer
les nouveaux venus par les Americanization Schools ont
été affaiblies considérablement par une
permissivité concernant les langues et les coutumes.
Certains de nos grands problèmes en Europe - telle la
crise financière - trouvent, elles aussi, en partie leur
source dans une permissivité américaine envers
l'immigration massive. Il est évident que les institutions
comme Fanny May and Freddy Mac ont été
perturbées par l'ambition insensée d'hommes
politiques de donner a tout venant une maison en
propriété même si la capacité de payer
le prêt était fortement mise en doute. Les hommes
politiques américains aimaient se positionner en faveur
"des Pauvres" . Ce qu'ils avaient surtout à l'esprit
était plutôt leur ambition politique
personnelle.
Le support des employeurs qui pouvaient ainsi lier plus
étroitement leur main d'œuvre par l'acquisition
d'une habitation a aussi joué un rôle dans la
naissance de la crise actuelle.
Tout cela - et encore les expériences d'autres continents
- mérite que nous le considérions attentivement en
Europe, cherchant les solutions bien préférables au
sujet desquelles nous ne serons pas seuls et isolés.
Le Japon lui aussi pourra nous offrir des idées parce que,
en face du vieillissement de leur population ils ont pris une
avance sur l'Europe. Et ils ont mené, en mettant en
œuvre une immigration "temporaire et circulaire" des
expériences intéressantes.
Par exemple si, il y a un siècle, un grand nombre de
japonais ont émigre vers le Brésil, un grand nombre
de leurs enfants sont plus tard retournés au Japon quand
l'économie japonaise a fait un grand bond en avant. Dans
la conjoncture actuelle de l'économie japonaise beaucoup
de ces fils, et grand fils, doivent retourner au Brésil.
Est-ce que le Japon accompagne et encadre ces mouvements
circulaires qui pourraient nous intéresser en Europe d une
manière adéquate et "proactive" ? Pensent- ils
maintenant, confrontés à une économie
fragile, à une situation future dans laquelle le Japon
pourrait de nouveau avoir besoin de leur "colonie" de
travailleurs supplémentaires au Brésil ? Sont-ils
fermés dans leur action ? Cela ne semble pas du tout
assuré.
Nous n'aurons donc pas seulement les forces vives de notre propre
continent à mobiliser, mais nous pouvons également
profiter de l'expérience des autres continents et
même peut-être nous engager dans une
coopération de longue haleine et de longue
durée.
Cherchons donc
.....des solutions bien préférables
Cela devrait être possible. Si durant la
durée d'une seule vie nous avons pu voir quelques uns de
nos pays en Europe presque doubler en population pourquoi en
principe une situation de stabilité, ou même de
régression démographique serait elle impossible
à gérer ?
Il faut trouver les circonstances et les conditions pour rendre
cette situation faisable. Cela exigera du courage, des sacrifices
dans notre style de vie. Parfois ce qui sera nécessaire
sera plutôt un changement de comportement sans sacrifice
important dans la qualité de notre vie.
Rien ne devrait alors rester en dehors de notre réflexion.
Je me rappelle une intervention de Norbert Walter, chef
économiste de la Deutsche Bank dans une des séances
de l'OCDE à Paris, disant que peut être nous
devrions retourner aux

LONG HOUSES, les "grandes maisons", maisons tribales qu'on connu
les Vikings, les Bataks en Indonésie, les Indiens de
l'Amérique du Nord... Ces maisons permettaient une
communauté pluri-générationnelle et une
assistance mutuelle garantie. Ceux qui connaissent la solitude
des anciens dans beaucoup de grandes agglomérations (New
York, mais même Paris qui pourtant offre tellement de
sociabilité en plus) Une réduction de la
mobilité physique inutile des personnes, permise par la
mobilité accrue de la communication des pensées
serait aussi très bien pour l'avenir de nos villes et de
nos pays.
Ici nous ne pousserons pas davantage cette idée qui nous
fut lancée comme un défi. Ce qui est à
retenir est seulement l'opportunité de chercher et de nous
lancer des défis utiles.
Dans cet effort envisagé la liste des
thèmes à considérer est très longue,
Mais si nous considérons les relations qui peuvent exister
entre les thèmes, parfois de nature coopérative, un
grand nombre des sujets pourrait aboutir à des solutions
bien préférables.
Quelques exemples :
- Habitation appropriée, urbanisme, transports communs
en ville
- Santé, y compris santé mentale
- Education des jeunes, y compris éducation libre
entreprise par les parents
- Education et formation continue des adultes
- Adaptations aux pertes d'emplois.
- Toute mesure qui puisse augmenter la productivité
(niveau de l'entreprise, de la communauté, du pays dans sa
totalité, de l'Europe entière
- "L 'approche des systèmes" (systems approach)
pourrait-elle nous aider ?
- "Euromed", "Plan de Barcelona", Co-développement avec
nos voisins de l'Afrique
- Migration circulaire
- Bioéthique
- Comment traiter les émeutes
- Environnement
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- Aide aux familles
- Face à la globalisation
- Différence entre liberté de capitaux, de
commerce de produit et de services
- Quels métiers ne trouvent pas de preneurs ? Comment
changer cette situation ?
- Relations entre générations
- Repos dominical
- Financement des retraites
- Mobilité entre villes, possibilités des canaux,
des cotes
- Impliquer les employeurs
- …..et d'autres encore.
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C'est cette discussion multidimensionnelle que
nos gouvernements ont négligée et par là ils
ont commis la plus grande erreur des deux derniers
siècles.
Evidemment chacun de nous peut apporter seulement une petite
parcelle, peut-être une petite étincelle, dans la
discussion nécessaire des solutions.
Faisons un effort, en espérant que le flambeau soit repris
quelque part ailleurs.
Anton Smitsendonk Paris, Beijing May 2009

Nous rendons grâce à ceux qui ont osé penser à la "longue maison".
Entrant en elle, ne serait-ce que pour un moment,
nous pourrons au moins sortir de notre "boîte à penser".
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